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Traduction
d'une interview de Jaime et Gilbert Hernandez parue sur le site
de Diamond : "Previews The comic shop's catalog"
le 05/11/2000 à l'occasion de la reprise chez Fantagraphics
de la série Love and Rockets après 20 ans
d'interruption.
Joint en annexe les couvertures des quelques éditions françaises
des frères Hernandez, ainsi que la chronique d'une nouveauté
: Love and Rocket X (de Gilbert Hernandez) parue chez Rackam
cette année.
Afin de célebrer Love and Rockets vol.
2, débutant ce mois de Janvier chez Fantagraphics, Previews
invite Gilbert et Jaime Hernandez à discuter de cet évènement
historique.
Pourquoi revenir à
Love and Rockets ?
G H : Il n'y avait rien de semblable à L&R avant
qu'il n'existe et il n'y a toujours rien d'équivalent après
que nous ayions cesser la série. On a laissé du
temps à chacun de réagir, mais il ne semble rien
devoir arriver, alors...
J H : (rires), ouis, euh... c'est tout a fait ça.
Non, sérieusement, lorsque le premier L&R s'est terminé
il y a quelques anées de cela je me suis senti comme un
gosse à nouveau. Le changment a eu du bon. Ce nouveau départ
fut regénérant. Aujourd'hui, les batteries sont
rechargées et ça parait bien. Il est temps. Et ça
n'est pas comme si nous reprenions les choses comme nous les avions
laissées. Les règles que nous avions appliquées
ne marchent plus maintenant.
A quoi attribuez vous
la longévité de L&R ?
J H : Les personnages et leur monde agissent en symbiose
avec leurs contemporains. Je crois, plus le temps passe, qu'il
y a vraiment une sorte de monde réel créé
içi. Un présent ne signifie pas grand chose s'il
n'y a pas de passé. Et c'est ce à quoi j'ai pensé
seulement en vieillissant moi-même.
G H : Nos avons créé des personnages que
les lecteurs croient connaitre, c'est le plus grand compliment
qu'un auteur puisse avoir.
Jaime, sur le même
registre, à quoi attribues tu la longévité
de Maggie ? Le LA weekly l'a appellée : l'un des grands
personnages de la fiction américaine contemporaine. Que
représente t'elle pour toi ?
J H : Il s'agit essentiellement de son parcours. Maggie
et moi avons traversé la vie ensemble. Nous avons essuyé
des problèmes ensemble. Nous vieillissons ensemble. C'est
fou non ? Je crois que c'est évident que Maggie soit si
spéciale pour moi. C'est pourquoi elle elle est plus mise
en avant que n'importe qui d'autre., parceque je l'aime. Maggie
s'est posée maintenant, mais elle n'a toujours pas envie
d'être. Je ne pense pas qu'il faille être Freud pour
savoir qu'elle en est l'explication. Je regarde les gens de mon
âge, et je suis désemparé. Je me suis inquiété
la plupart de ma vie à vouloir murir, plus ou moins. C'est
comme ce comic-strip "Barnaby", et ce garçon
qui a un beau-père imaginaire que seulement les autres
peuvent voir. Qui veut murir et perdre çà ? Mais
d'un autre coté, lorsque je regarde les habitudes des adultes,
je vois qu'ils ont autant de défauts infantiles que les
enfants. J'essaie de montrer ça dans mes histoires, et
Maggie me le permet.
Et où va t'on
retrouver Maggie dans Love and Rockets vol. 2 ?
J H : On la retrouvera affranchie. Récemment divorcée.
Elle ne saura pas où et vers qui aller, ou se qui va se
passer. Elle rencontrera des gens, se heurtera à de nouveaux
obstacles. Ma seule certitude est que Maggie survivera toujours.
en dehors de cela, tout peut arriver.
Comment decidez vous
de ce qui intervient dans L& R et dans ton titre solo, PENNY
CENTURY ?
J H : Au moins pour le futur proche, L&R mettra en vedette
la nouvelle vie de Maggie, tandis que PENNY CENTURY couvrira tout
le reste. Je suis sûr qu'avec le temps il y aura des croisements
et cela me conduira à faire avancer tout cela d'aplomb.
Et qu'en est il de vous,
Gilbert ? Allez vous revenir à votre style de personnages
"Heartbreak Soup" ?
G H : Plus ou moins, mais pas tant que je n'aurais pas complété
"Julio's Day", mon premier roman graphique à
ne pas intégrer ces personnages.
Lorsque je reviendrais à cet univers, ça sera un
peu avec des personnages qui sont en relation avec ceux que l'on
trouvait jusqu'à présent dans le premier Palomar.
Que peux tu nous dire
à propos de Julio's Day ?
G H : Cela tiendra en 10 chapitres environ., et je n'utilise
ces personages uniquement que dans cette série.; ce que
je n'avais jamais fait auparavant. Pendant longtemps je voulais
réaliser un roman graphique où je n'utiliserai les
personnages qu'une seule fois, sans suite. Aussi, "Julio's
Day" se poursuivra sur environ 100 pages et ensuite, le "casting"
ne sera plus jamais vu.
L'histoire suit la vie d'un homme de sa naissance en 1900 à
sa mort en 2000.
C'est un concept intéresant.
G H : Il ya des années, MAUS a mis la barre haute
en ce qui concerne les romans graphiques. Je veux la monter d'un
cran.
Tu travailles aussi sur
un strip pour L&R avec ton autre frêre Mario.
G H : Oui, cela s'appelle "Me for the unknow".
Ce sera la première fois que je dessinerais ce que quelqu'un
d'autre aura écrit pour L&R. Il écrit et le
met en scène avec les dialogues, et je finis le travail.
Je peux suggérer quelques petites retouches, mais c'est
son travail.
C'est un strip d'aventure. Ca me rappelle un peu nos srtips "Tales
of Somnopolis" pour Mister X, que nous avions réalisé
de la même façon. Il s'agit d'intrique politique,
s'acharnant sur un petit gars, psychodrame et une revanche violente.
Du boulot fun quoi.
Envisages tu de revenir
pour L&R à la frontière sud se situant dans
Palomar, ou laisser les choses aux Etats Unis ?
G H : Cela dépend des lecteurs aussi bien que de
ma volonté.
A propos de Palomar,
la culture latino a subi un grand boom aux US depuis le début
de L&R. Est-ce une bonne chose pour L&R aujourd'hui ?
J H : Le peu d'intérêt à la culture
latino lorsque nous avons commencé nous a en fait servi
dans le bon sens je pense. J'aurais pu raconter une histoire banale
sur des thèmes universels, mais je l'ai posé dans
le monde que je connais, alors que la majorité des lecteurs
non, et je pense que c'est ce qui l'a rendu intéressant.
Aujourd'hui, et plus particulirement en Califronie du sud, la
culture polpulaire Latino est omniprésente , mais je crois
que notre travail n'en reste pas moins unique comme il l' a toujours
été.
G H : Je sais que c'est important d'avoir une bande dessinée
latino içi. C'est trés important pour moi. Lorsque
je vois ce qui se fait sur le marché avec tou ces goûts
changeants, je me dis que si on ne le fait pas, personne ne le
fera à notre place. Cela sonne pompeux, mais on ne voit
pas grand chose d'autre ressemblant par içi.
Quelle différence
y a-t'il a recommencer L&R maintenant, 20 ans après
ses débuts ?
J H : En 1981, j'avais la chance d'avoir en moi 21 ans de
matériel à produire. Et en dehors du fait qu'une
bande dessinée est longue à faire, cela a pris pas
mal de temps pour exprimer tout ce que j'avais à dire.
Aujour'hui c'est un peu différent, mais non moins excitant,
ou frustrant, pour cette raison. Après 20 ans, il est parfois
dur de revenir avec de nouvelles idées fraiches à
chaque numéro, mais comme mes personnages ont vieilli comme
moi, on peut regarder les choses dans une perspective différente.
(heureusement pas une ennuyeuse bien sûr !), et poser sur
la table un panel de sensibilités et des priorités
trés différents de ceux que je pouvais avoir à
l'age de 20 ans.
Sur quels autres projets
travaillez vous tous les deux actuellement ?
J H : En grande partie que L&R, bien que je vienne juste
de compléter 3 pages pour le projet WORLD'S FUNNEST de
Evan Dorkin pour DC, mettant en scène des personnages de
la famille Marvel. Je travaille aussi sur un back-up de 4 pages
pour un numéro à paraitre de TOM STRONG d'Alan Moore
pour American's Best Comics. Mais L&R est toujours mon seul
bébé.
G H : Je finis juste GRIP ma série d'horreur en 5
numéros pour Vertigo, qui sortira cet été.
Je viens juste de finir aussi LUBA #5 et LUBA COMICS AND STORIES
#2, mettant en scène Pipo, ces deux devant sortir sans
tarder. En fait, dés que GRIP est fini, c'est L&R à
fond.
Autre chose que vous
souhaiteriez ajouter ?
J H : Je suis tellement excité d'avoir encore tellement
à dire avec la Bande Dessinée. Le ciel est la limite.
Whoo-Hoo !
G H : Vous ne trouverez pas de meilleure bande dessinée
par içi qui ait autant de respect pour la sensibilité
et l'intelligence du lecteur."
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